Godney

Dans mon nouvel appart il y aura ce poster, oui, oui !

Quand je rencontre une nouvelle personne et qu’on parle de musique, je dis toujours que j’adore Britney Spears. En général, j’ai droit à de l’étonnement. Parfois un peu de déception, aussi. Pourtant je n’ai jamais caché mon amour fou pour celle que les fans appellent « Godney » . Si mon interlocuteur se moque de Britney, je sais qu’on ne sera jamais amis (ou amants). Je ne sais pas si je me considère comme une « fan », le mot est galvaudé, mais je suis allée à Londres dans la journée pour voir sa statue de cire chez Madame Tussaud et j’ai viré une pré-ado qui prenait un selfie, lui disant que c’était mon tour et que Britney c’était MA génération, la petite a pris peur. J’ai eu envie de voler sa statue de cire (cette robe !! ces cheveux!!), je l’aurais bien vue chez moi au milieu de mon salon. Je suis convaincue que si je connaissais Britney, nous serions les meilleures amies du monde. Je suis brune, elle est blonde, je suis française, elle est américaine, elle est Sagittaire, je suis Lion. Je veux dire, c’est évident ! (ok je suis fan).

J’ai toujours aimé la pop, ce qui surprend mes amis qui pensent que je n’écoute que du rock et du metal et des trucs underground de dépressifs. Pourtant Michaël Jackson est l’un des artistes que j’écoute religieusement depuis l’enfance, son « Keep The Faith » me requinque à chaque fois que j’ai l’impression de tomber. Off The Wall fait partie des cinq albums que j’aime le plus. La pop c’est léger et surtout c’est fait pour danser et danser c’est vraiment ce que je préfère. J’aurais aimé être danseuse professionnelle, faire partie d’une troupe, être sur la route, faire les tournées d’une pop star, lui permettre de briller ; je n’aime pas la lumière, qu’on me remarque, mais l’idée de participer à faire briller quelqu’un d’autre, ça m’aurait plu. C’est un fantasme, il est très clair que je n’ai pas de talent pour la danse, j’aime juste bouger mon corps et faire des chorés approximatives en chantant avec un balai (sobre, je le précise).

Britney c’est l’incarnation du rêve américain ou comment on peut devenir une star internationale quand on vient d’une petite ville rurale au fin fond de la Louisiane (Kentwood, 2198 âmes). Dès Baby One More Time j’ai été conquise au point que la tenue qu’elle porte dans le clip reste mon déguisement de Halloween de prédilection (même pas honte). J’ai même acheté son parfum Fantasy, non pas pour le porter mais pour poser la bouteille rose avec strass sur l’étagère de la salle de bain parce que j’aime tout ce qui est cliché girly. Grâce à Britney j’ai pécho plein de mecs, surtout sur ma chanson préférée dont le refrain est I’m just a crazy kind of girl/I’ll tell it to the world/I’ve just begun having my fun yeah (cela dit certains mecs non anglophones n’ont jamais compris que c’était le moment de me rouler une grosse pelle et je me voyais contrainte de leur sauter dessus, good times). Britney Spears fait partie de ces artistes qui m’accompagnent depuis si longtemps qu’ils font partie de ma vie sans que je ne fasse partie de la leur. J’aime tout d’elle, même son obstination à porter des crop top, même les chansons les plus mièvres, et ce sera comme ça jusqu’à mon dernier souffle.

Ce soir j’ai vu le documentaire du New York Times qui explique pourquoi et surtout comment Britney est sous la tutelle de son père depuis douze longues années, je vous encourage à le regarder même si vous ne l’aimez pas, même si vous vous en foutez, surtout si vous l’aimez comme je l’aime, surtout si vous êtes féministe. Ça s’appelle « Framing Britney Spears », ça en dit long également sur la société américaine et son système judiciaire…