Konbini

J’adore la galette des rois. En ce lundi qui ressemblait à s’y méprendre à un dimanche, ciel blanc, rues vides, je me dirigeais avec entrain vers ma boulangerie préférée sur le boulevard Beaumarchais. J’ai pris une galette pour quatre personnes avec la certitude que ce serait moi, la Reine. Qui d’autre ? J’ai continué vers l’Arbre à Lettres un peu plus loin en quête de nouveaux livres. Je n’avais pas très envie de parler à un vendeur puisque je me croyais dimanche et le dimanche je suis muette, heureusement il y a toujours ces grandes tables avec les livres de poche conseillés par les libraires. J’ai été attirée par « La fille de la supérette » de Sayaka Murata qui a reçu l’équivalent du Goncourt Japonais il y a quelques années. Pourquoi pas ? Le vrai titre c’est Konbini, ces supérettes japonaises ouvertes 24h/24. Sur la couverture, on pouvait voir un personnage kawaii fait de riz, conquise j’étais (et grosse envie de makis, aussi, je suis si influençable).

Ce petit roman m’a bien plu. J’aime la littérature japonaise parce qu’elle me fait voyager dans le sens où je suis dépaysée, les personnages me semblent toujours si différents des Occidentaux, ce sont des aliens, le genre d’alien que j’ai envie de rencontrer dans la vraie vie. J’aimerais avoir une amie sans ambition qui travaille dans la même supérette depuis dix-huit ans, j’aimerais avoir une amie vierge qui ne se sent pas du tout concernée ni par le sexe, ni par le mariage, j’aimerais avoir une amie qui est aussi décalée que je peux l’être mais dans un autre genre encore. Finalement, je n’ai pas d’amis de culture différente de la mienne. Certes, je n’ai plus d’amis du tout, ou si peu, mes amis sont mes chats, ils sont toujours d’accord avec moi et silencieux. Ils puent du cul, certes. Mais la perfection n’existe pas !

Ces 142 pages m’ont amusée. J’aimerais qu’une supérette soit ouverte tout le temps à deux pas de chez moi. Je serais le genre à discuter avec le caissier à 3h du mat’. Ou à m’éprendre de lui surtout s’il est étudiant et qu’il a les cheveux longs et un air de branleur, et tenter (en vain) soir après soir de le draguer. Voilà une idée de roman court, ça s’appellerait « 3 am ». Évidemment, ça se terminerait mal. A propos j’ai beaucoup aimé la fin de La fille de la supérette. Vraiment drôle. Je l’ai déposé place des Vosges ce matin, peut-être a-t-il déjà trouvé son nouveau propriétaire, un SDF, un poète, une petite fille attirée par la couverture ? Je ne le saurais jamais. Je ne peux pas me permettre de garder les livres que j’achète, je vis dans un deux pièces, et j’aime l’idée de faire circuler les mots. Je passe au roman suivant.

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