Où sont ces livres qui nous font rire ?

Depuis que je lis, j’aime les histoires tragiques. Mon livre préféré quand j’avais six ou sept ans racontait la séparation d’un enfant et son âne chéri: le père devait le vendre car trop vieux et se moquait éperdument des sanglots de son fils. J’ai pleuré à chaudes larmes toute mon enfance en lisant ce livre, je crois que j’ai fini par le cacher pour arrêter de le lire parce que je ne le retrouve plus, aujourd’hui encore je me souviens de ma détresse lorsque je refermais le récit de cette amitié brisée. Ipso facto, l’âne est devenu mon animal préféré, j’ai eu la chance d’en rencontrer quelques uns dont un en particulier qui s’appelait Fernando, je lui donnais des poires dont il raffolait, je lui chantais des chansons que j’inventais juste pour lui et il s’endormait sur mes genoux en soupirant ; Il était lourd, j’acceptais avec plaisir d’avoir des fourmis dans les jambes, nous étions tous deux affalés sous un soleil écrasant, bienheureux ; Il me reste de très belles photos de ces après-midi en Espagne. Mais un jour il est mort et le livre de mon enfance devenait réel, c’était mon destin de perdre un âne chéri, c’était mon destin de sangloter en repensant à cette relation amicale si particulière, dénuée de mots, où toutes les émotions passaient dans le regard de cet animal doux aux longues oreilles que j’aimais tant cajoler. J’aime les tragédies. En littérature. Dans ma vie, non merci.

J’ai réfléchi aux livres qui m’avaient fait rire. Il s’avère que les best sellers LOL ne me font absolument pas rire, je pense à Demain j’arrête de Gilles Legardinier, offert un Noël je crois par ma mère qui a dû être attirée par le rose de la couverture ou le chat avec un bonnet (!), je ne sais pas, et L’extraordinaire fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de je ne veux même plus savoir qui. J’ai réussi à lire la moitié de ces romans et je les ai donné à des SDF qui n’en ont pas voulus (true story). Ils ont un temps servi de repose-mug jusqu’à ce qu’une personne de mauvais goût finisse par me dire « Ah mais moi je les veux tes livres ! », peut-être pour les vendre sur Momox ? Je me suis souvenue avoir ri avec un Tom Sharpe qui s’appelait Quelle famille ! mais pas avec un autre qui m’avait un peu agacée, un Bill Bryson dont j’ai oublié le titre, acheté dans un centre commercial à Bangkok, et c’est à peu près tout. Quand on parle d’humour, souvent est évoqué « Pourquoi j’ai mangé mon père » qui ne m’avait que moyennement amusé. Évidemment, on pense aussi à Desproges, Coluche et consorts (Blanche Gardin est hilarante) mais un roman drôle, lire une fiction qui nous fait rire à gorge déployée, c’est une toute autre affaire. Il y a bien « La haine de la famille » de Catherine Cusset, roman que j’aime offrir aux amies qui se sentent incomprises de leur mère (autrement dit : toutes), c’est un roman très drôle qui donne envie de rester célibataire et nullipare.

Je suis partie à la recherche de ces objets littéraires capables de me faire passer un bon moment de LOL, un peu de détente dans ce triste monde tragique. Mon choix s’est porté sur deux titres après avoir écumé les forums en mangeant des Curly (depuis il subsiste des morceaux que je ne parviens pas à dénicher de mon clavier)(quel régime?). Le premier c’est Mon Chien Stupide de John Fante. J’ai souri à quelques reprises mais rien de plus.

Les hurlements d’un enfant ! Faites-moi avaler du verre pilé, arrachez-moi les ongles, mais ne me soumettez pas aux cris d’un nouveau-né, car ils se vrillent au plus profond de mon nombril et me ramènent dans les affres du commencement de mon existence.

Ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais, le personnage est grossier, or quelqu’un de grossier n’est pas forcément drôle, il est au mieux pitoyable. Le héros est un écrivain qui n’écrit plus rien de bon depuis longtemps, italo-américain nostalgique, marié à une femme pour laquelle il semble avoir très peu d’amour (dixit la scène où il profite de son état-elle a fumé un joint entier-pour la baiser), quatre enfants dont peu ont été désirés, et ce chien nommé Stupide qui arrive dans leur vie à tous. Certes les scènes avec le chien foufou peuvent faire rire mais le gag du chien homosexuel qui veut « baiser » tous les hommes qui passent, bon. Quant au racisme du couple (peut-être le fondement de leur mariage?), même si je sais que c’est une fiction, lire « Salope de Noire ! », disons que je n’ai pas du tout trouvé ça drôle ni utile pour le roman. Toujours est-il que j’ai aimé la fin. La fin est à mon sens ce qu’il y a de plus beau dans ce roman et rien que pour elle, j’ai bien fait de me procurer ces 188 pages en poche. Nous verrons si le deuxième roman conseillé par de sombres inconnus sur de tout aussi sombres forums obtiendra plus de succès. Je vous tiens au courant, bien entendu.

2 commentaires

  1. Bon jour,
    C’est une belle histoire que celle de l’âne…
    J’en ai est quelques-uns qui mon faite rire de livre comme par exemple : « Don Quichotte »…
    Bonne soirée.
    Max-Louis

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