Vivement dimanche

Vivement dimanche qu’on en finisse avec ces injonctions à « voter contre les extrêmes », ne voyez-vous pas que nous vivons déjà dans l’extrême ? Que nous sommes déjà en plein dedans ? Suis-je la seule à avoir du bon sens ? Parfois je me le demande sincèrement. Mais qui peut croire qu’un jour Marine Le Pen sera présidente ? En dehors d’Attali, j’entends. Arrêtons de voter, ils seront dans la merde, voilà la solution (ne me remerciez pas, c’est cadeau). Dans ma rue, il y a un drapeau ukrainien à un balcon, les gens se découvrent des passions, je suis assez fascinée. Avant ce conflit, qui savait que le drapeau Ukrainien était bleu et jaune, mieux, qui sait aujourd’hui placer l’Ukraine sur la carte du monde ? Le Syrien n’a pas la peau aussi blanche et les yeux aussi clairs, voilà sa malédiction. Pourtant lui les bombes il les prend sur la gueule depuis combien d’années ? L’hypocrisie est à son paroxysme, je suis curieuse de savoir ce que diront les livres d’histoire de cette bien sombre période. Probablement encore des mensonges. C’est la seule valeur, le monde est à l’envers.

Insomnie numéro deux, j’erre dans mon appartement quasi vide, j’ai un canapé, une table basse en guise de meuble télé (que j’avais vendu dans un ras-le-bol d’Ikea), une télé que je ne regarde pas, un lit si confortable et des cartons, des tonnes de vêtements, c’est indécent d’avoir autant de choses superficielles, pas que les vêtements, des bibelots, des magazines, des conneries. Et mes livres attendent sagement en piles, collés au mur, ils sont au coin. Mais là encore, je refuse Ikea, je ne veux pas avoir une putain de bibliothèque Billy, je veux avoir des livres un peu partout, pas tassés au même endroit comme des antiquités, je veux les relire, les prêter, les déplacer, je veux de la vie ! Le mois dernier, j’ai hébergé un ami de mes frères pendant 36 jours (j’ai compté, absolument), pendant 36 jours, donc, je n’ai pas pu être moi-même, je me suis retenue, à tous les niveaux. Retenue de mettre ces shorts ultra courts que je mets par confort, par exemple. Je n’ai pas pu pleurer non plus. J’ai pris sur moi, je n’ai jamais montré mon mécontentement, non pas pour éviter le conflit (il ne lavait que sa vaisselle à lui, ne faisait jamais les courses et se levait à midi) mais plutôt parce que je savais qu’il s’agissait de quelques jours, qu’au regard de ma vie ça ne représenterait qu’une poussière. Et puis c’était à moi d’établir des règles de vie, ce n’est pas de sa faute, il a profité de la situation. Je déteste les règles, je ne les suis pas vraiment moi-même…

Désormais je peux pleurer. Mais je me suis retenue alors je ne sais plus comment faire, je suis là, le regard perdu, comme un volcan qui dort ; j’ai perdu l’habitude de pleurer, j’ai été sevrée en quelque sorte. Alors je souris. Je souris dans mon bain, quand les chats font la sieste ensemble, je sens les larmes près de couler mais elles restent coincées là-haut, je regarde le Ciel et je souris parce que c’est beau. Peu à peu, je retrouve mes émotions, je savoure la solitude, je sais désormais que je ne pourrais plus vivre avec quiconque, en dehors des chats. Ils ont beau être sur le papier les pires colocataires (ils mangent et chient à vos frais haha), ils sont pour moi une source de sagesse et de plénitude au quotidien, et eux ne m’anônnent pas de « voter contre les extrêmes ». Je reste convaincue que la parole a ruiné les relations humaines, si nous étions capables de communiquer par télépathie, le monde se porterait mieux. Hier j’étais dans le métro, un type passait tous ses appels et parlait fort, je me suis retournée pour voir sa gueule et je n’ai pas été déçue, il avait une tête de con, il avait la tête du mec qui non seulement sait qu’il dérange tout le monde mais s’en enorgueilli. J’ai changé de rame. Je rêve d’un monde silencieux. Sans doute est-ce la raison de cette deuxième insomnie. Il est 3h, il n’y a pas un bruit en dehors du chaton qui fait sa toilette, spectacle ô combien divertissant. La vie est belle.

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